Des que la porte fut entrouverte, John aperçu un homme d'une trentaine d'années, grand, brun, la mâchoire carrée et les traits durcis par les épreuves et les images que lui avaient infligé son métier. Malgré tout un sourire s'afficha sur son visage quand ses yeux croisèrent ceux de John.
- bonjour John, salua ce dernier.
- bonjour inspecteur Hobbs, répéta John en s'écartant pour le laisser entrée.
Sans dire un mot, Charly Hobbs pénétra dans la maison qu'il connaissait bien maintenant, y étant venu quatre ans plus tôt. Des que les deux hommes pénétrèrent dans le salon, Elisabeth commençait à descendre les escaliers. A bas des marches, elle se figea en voyant le jeune homme installait confortablement dans un des fauteuil en cuire marron, parlant avec son père.
- bonjour inspecteur Hobbs, prononça-t-elle en se plaçant face à lui.
- bonjour Elisabeth, salua-t-il en se levant par courtoisie et politesse.
- comment allez vous, demanda t-il en aidant Elisabeth à prendre place.
- légèrement angoissé, répondit elle.
- je m'en doute un peu, dit le jeune agent de police avec un sourire.
- l'inspecteur Hobbs est ici pour... intervint John.
- je sais, coupa Elisabeth.
- on vous écoute, ajouta-t-elle en se repositionna sur le canapé.
- Kevin Peterson, a bien demandé une liberté anticipée... le juge qui a examiné sa demande, le lui a refusé, expliqua le jeune homme.
- ce qui veut dire, qu'il fera toute sa peine, insinua John.
- exactement, encore sept ans, répondit Charly.
Une larme coula sur le visage d'Elisabeth, du revers de la main, elle essuya. Elle était enfin en paix.
- ce n'est pas tout, continua Charly.
- Le juge a refusé sa liberté anticipée, grâce à une lettre qu'il a reçu de votre mère, annonça-t-il en regardant Elisabeth.
- ma mère, répéta la jeune femme qui était dans tout ses états.
Des ce moment, elle se remémora la sombre soirée qu'elle avait passé il y a un peu plus de quatre ans.
Flash Back
Magalie avoir prit sa fille dans ses bras, l'aida à se relever. Mais la drogue qu'elle avait encore dans son organisme faisait encore son effet et Elisabeth tenait à peine sur ses jambes. Magalie l'aida du mieux qu'elle pouvait. Ensemble elles traversèrent le couloir, quelques regards les regardaient de travers mais elles n'y prêtaient aucune attention. Elles descendirent les escaliers et sortirent de la maison sans qu'aucune personne ne les remarque. Ils étaient bien trop occupés à boire, ou à s'embrasser dans un des recoins de la maison. Toujours en soutenant sa fille, Magalie s'aperçu que deux jeunes s'embrassaient en prenant appui sur sa voiture.
- allez vous en, lâcha-t-elle en les poussant.
- mais qu'est-ce qu'elle a la petite dame, s'indigna le garçon.
Soudain Magalie vit rouge, elle attrapa le garçon par le col et le menaça.
- je te dis de te casser de ma voiture, ou sinon tu aura à faire au flic.
Le couple n'attendit pas son reste et ils partirent en direction de la maison sous les yeux de la mère de famille.
Magalie ouvrit la portière et installa Elisabeth. Ensuite elle se mit au volant du véhicule et démarra en trombe.
Un quart d'heure plus tard, alors que John annonça à sa femme qu'il avait appelé la police et qu'elle ne tarderait pas à arriver, Ryan à moitié endormit et les cheveux ébouriffés, pénétra dans la pièce.
- maman...Elisabeth n'est toujours pas sortit de la salle de bain et... débuta-t-il.
- j'y vais, annonça Magalie en se levant brusquement ce qui fit tomber la chaise au sol.
Elle courut jusqu'au escalier, monta les marches quatre à quatre et arriva enfin devant la porte de la salle de bain. Très vite elle remarqua de l'eau dans le couloir. Elle respira un bon coup et ouvrit la porte. Un brouillard de buée, empêcher Magalie de voir. Elle avança à l'aveuglette et elle put enfin voir sa fille recroquevillée dans un coin de la douche, une de ses mains en sang. Elle comprit tout se suite ce qu'il se passait. Elisabeth venait de perdre sa virginité. Magalie reprit ses esprits, coupa l'eau, prit une serviette et la déposa sur le dos de sa fille. Elisabeth sentant le contact de sa mère, se laissa aller dans ses bras en pleurant.
Fin du flash back
- Elisabeth, tu vas bien, demanda son père inquiet.
- oui, répondit la jeune femme en sortant de ses pensées.
- peut on lire cette lettre, questionna Elisabeth à l'adresse de l'inspecteur.
- Je suis désolé c'est impossible. Elle fait partie des pièces du dossier, argumenta Charly tristement.
- je comprend, se résigna à dire Elisabeth.
- je ne peux pas vous la faire lire, mais je peux vous dire se qu'il y est écrit, ajouta Hobbs.
Le père et la fille firent un signe positif de la tête alors, le jeune inspecteur continua :
- dans sa lettre Magalie fait référence à une autre fille. Je m'explique, après ce qui vous étés arriver, vote mère à voulu absolument faire une enquête sur Kevin Peterson malgré mes mises en gardes. Lors de ses investigations, elle a découvert que Peterson était en état de récidive. En effet deux ans plus tôt, il avait essayé de violer une autre jeune fille. Votre mère voulant vous protéger d'avantage à décider de garder cela pour elle et le mettre par écrit dans une lettre. Cette lettre a été confiée au procureur. Elle lui a demandé de le remettre au juge s'il lui arrivée quelque chose et éventuellement, si Peterson demandait une liberté anticipé. Le juge a lu la lettre et a décidé que Kevin Peterson était un danger pour autrui et qu'il devait faire entièrement sa peine. Le juge a aussi exigé qu'il se fasse soigné. Votre mère a aussi insisté sur le fait qu'elle avait fait tout cela car elle se sentait responsable de ce qui vous étés arrivée. Elle a aussi expliqué que sa raison d'être était de vous protéger et qu'elle avait faillit à sa mission, termina Charly Hobbs.
John et Elisabeth étaient encore sous le choc de ces révélations. Soudain, Elisabeth se leva et se dirigea vers la porte d'entrée. John aurait voulu l'en empêcher mais l'inspecteur était intervenu.
- elle a besoin d'être seul, de remettre ses pensées, ses idées en place... ne vous inquiétez pas, essaya de rassurer le jeune homme.
- vous avez sûrement raison, dit John et se rasseyant dans son fauteuil.


